La fille de l’Espagnole
Gallimard, 2020
20 Euros

Dans un Venezuela à feu et à sang, soumis à une déliquescence organisée par un gouvernement autoritaire et dépassé par la crise économique, Adelaida Falcon, traductrice free-lance, vient de perdre sa mère. En la perdant, elle perd également les seules attaches qu’elle avait avec sa propre histoire. Alors, quand elle trouve refuge chez une voisine, la fille de l’Espagnole, et qu’elle la découvre morte, peu à peu, elle prend son identité et échafaude un plan d’évasion.

La fille de l’Espagnole tient autant de l’anticipation catastrophe que de la quête de soi. En cela, c’est une réussite. Les chapitres d’introspection alternent avec ceux décrivant une réalité particulièrement sombre et angoissante.
Adelaida nous est proche, ce n’est pas une sur-femme. Elle tente comme elle peut de garder son humanité, décrite au travers de ses souvenirs, dans un environnement inhumain.

La réussite de Karina Sainz-Borgo réside dans la question que sous-tend son œuvre : et moi, qu’aurais-je fais ?

Fabien CAULIER, MdN

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